LE PRÉSIDENT DU MOUVEMENT SAHRAOUI POUR LA PAIX PRÉDIT AU POLISARIO “UNE FIN SIMILAIRE À CELLE DE L’ETA OU DES GROUPES DE GUÉRILLA COLOMBIENS

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“Nous sommes sortis des entrailles du Polisario, nous sommes donc le produit d’erreurs, d’arrogance et de l’esprit antidémocratique de sa direction politique”, affirme le président du Mouvement sahraoui pour la Paix, Hach Ahmed Bericalla, dans une interview au site d’information espagnol, eldia.es.

“Le principal défaut du Polisario est son incapacité à s’adapter aux temps nouveaux. Il est temps pour le polisario de faire preuve de courage pour sortir du tirage au sort infini. Sinon, il perdra une opportunité irremplaçable et se dirigera vers une fin similaire à celle de l’ETA (organisation séparatiste basque, dissoute: Ndlr) ou des groupes de guérilla colombiens”, avertit le leader de ce mouvement opposé, qui a fait son baptême de feu le 22 avril 2020 à Madrid, en remplacement de l’Initiative sahraouie pour le changement, née et réprimée férocement à Tindouf.

“Le 22 avril, nous avons créé le Mouvement sahraoui pour la paix en tant que force politique indépendante, avec la vocation de représenter des secteurs importants de la population sahraouie non identifiés, ou qui ont cessé de s’identifier au Polisario (…) Pas moins de dix mille cadres militaires et civils ont abandonné le Polisario ces dernières années”, chiffre-t-il, relevant que les sahraouis continuent d’être dirigés par “un parti unique”, “la police politique”, et selon des méthodes indignes des “temps nouveaux” tellement elles sont totalitaires.

Le Mouvement Sahraouis pour la Paix se positionne comme une alternative démocratique sérieuse et crédible au système totalitaire incarné par le front Polisario. “Le MSP est une force politique indépendante identifiée aux valeurs de démocratie, de tolérance et d’harmonie. Il est composé de personnes très diverses, de cadres civils et militaires appartenant au Polisario, d’anciens diplomates, de descendants des membres de la Yemaa ou de l’Assemblée du Sahara et des Procuradores de Cortes à l’époque espagnole, ainsi que d’un grand groupe d’étudiants universitaires. Ces dernières semaines, des centaines de personnes de tous âges et professions se sont jointes au MsP, la présence féminine étant notable. Le dénominateur commun est la volonté de rompre avec le modèle du parti unique et de contribuer à la solution pacifique du conflit au Sahara occidental. Nous pensons que le moment est venu de retirer notre vie du tunnel dans lequel elle est installée depuis un demi-siècle”, estime Hach Ahmed.

ll parle d’une impasse dans ce conflit et, pour lui, “la priorité est de mettre fin au drame humanitaire dans les camps”. “Je pense que l’approche pragmatique est inévitable si l’on veut avancer vers une solution et mettre fin à ce drame. Les Sahraouis attendent déjà cinquante ans. Nous ne pouvons pas perdre de vue le fait que les relations internationales et la résolution des conflits sont généralement gérées par des clés, des agendas et des intérêts qui sont presque toujours cachés et inintelligibles, et c’est là que réside la “realpolitik”. Si nous ne sommes pas capables de faire face à ces réalités, les Sahraouis continueront d’être marginalisés et oubliés”, avertit-il.

Et puis, le conflit autour du Sahara ne doit pas continuer d’être ce serpent de mer qui empoisonne les relations entre les deux poids lourds du Maghreb, le Maroc et l’Algérie. “Les sahraouis doivent être un élément de paix et d’équilibre, et non de discorde entre les deux géants de la région”.  “Le rôle de l’Algérie est sans aucun doute essentiel. Sans une contribution algérienne, la solution sera une tâche difficile. Je suis optimiste en raison des changements qui ont eu lieu en Algérie et de la détente que cela peut engendrer. La situation actuelle peut être favorable à la solution et, par conséquent, à la paix et à la stabilité en Afrique du Nord-Ouest”, soutient-il.

Questionné sur l’offre marocaine d’autonomie, Hach Ahmed a répondu: “Nous sommes encore dans la phase embryonnaire et nous n’avons pas terminé le processus constitutif. Cependant, il y a eu de nombreux débats et réflexions. La proposition marocaine est, bien sûr, un bon point de départ, mais pas la gare d’arrivée du voyage. Ce sera sans aucun doute le point culminant du premier Congrès” du Mouvement sahraouis pour la Paix. 

“J’ai toujours cru en un nationalisme sahraoui modéré et sensé, capable de s’inscrire dans une formule d’engagement envers le Royaume du Maroc”, soutient-il. 

Né à Dakhla, au Maroc, où il a grandi, Hach Ahmed est, l’un des membres fondateurs du front polisario, où il a occupé de hautes responsabilités en tant que représentant dudit front en Espagne, et en Amérique Latine.

En novembre 2017, il a créé l’Initiative sahraouie pour le changement. Mais, la nature totalitaire et la concentration des faucons du régime ont de nouveau prévalu, faisant l’erreur de persécuter et d’emprisonner certains des militants de ce mouvement dans les camps. Face à cette répression, nombre de militants se sont réfugiés en Espagne. Le 22 avril 2022, Hach Ahmed crée le Mouvement sahraoui pour la paix. Le premier congrès de ce mouvement est prévu courant 2020. 

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