Mohamed Lamine Naffaâ : Le Polisario doit mettre fin à son discours stérile et despotique Le Mouvement sahraoui pour la paix est ouvert à tous

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Fils d’un ancien membre du Cortes (Parlement espagnol), Mohamed Lamine Naffaâ a fait ses études en Algérie avant d’être envoyé à Cuba où il a parachevé son endoctrinement.
Mais déçu, comme tous les habitants des camps de Tindouf, par la gabegie, les détournements érigés en système de gestion des affaires publiques par le Polisario ainsi que par la violence et les tortures qu’il fait régner à Rabouni, il s’est réfugié en Espagne avant de participer à la création du Mouvement sahraoui pour la paix dont il a signé le communiqué constitutif et dont il est devenu le coordinateur du comité politique.
Mohamed Lamine a bien voulu répondre aux questions de Libé.



Libé : Pourquoi avez-vous créé le Mouvement sahraoui pour la paix et pourquoi en avez-vous fait l’annonce depuis l’Espagne ? Cela témoigne-t-il de l’échec de l’expérience de l’Initiative sahraouie pour le changement lancée depuis les camps de Tindouf ?
Mohamed Lamine Naffaâ : Permettez-moi, tout d’abord, de remercier votre journal pour l’importance qu’il n’a cessé d’accorder au problème du Sahara, de manière générale, et pour l’occasion qu’il donne au Mouvement sahraoui pour la paix de toucher le plus grand nombre de militants à travers le monde. Au  tout début de sa création, il était prévu d’annoncer la naissance du MSP à partir de l’une des zones du Sahara proches de la frontière avec la Mauritanie, lors d’un congrès rassemblant un grand nombre de cadres et d’intellectuels sahraouis ayant annoncé leur disposition à y participer. Les préparatifs étaient très avancés, mais la pandémie de Covid-19 en a décidé autrement et elle a paralysé tout le monde. On était donc obligé de nous adapter à la nouvelle situation imposée au monde entier par ce fléau. En fondant l’Initiative sahraouie pour le changement, on envisageait d’apporter une dynamique de redressement à partir de l’intérieur. Mais après trois années, il s’est avéré que c’était impossible en l’absence de volonté de la part des dirigeants du Polisario qui ont mené une campagne contre les cadres de l’initiative qu’ils n’ont pas hésité à arrêter et à torturer. Puis vint le congrès du Polisario qui a enterré toute lueur d’espoir qui subsistait encore. Là on a été obligés de prendre nos responsabilités et d’annoncer la naissance d’un mouvement politique indépendant à même de contribuer et d’aider à mettre fin à ce conflit, et ce à travers des voix pacifiques réalistes qui satisfont tout le monde et qui sont compatibles avec les dernières recommandations onusiennes qui impliquent les forces vives et préconisent de mettre un terme aux souffrances de nos compatriotes.

La date du premier congrès du MSP a-t-elle été fixée ?
Dans son communiqué de création, le MSP a fixé 24 mois comme délai limite pour l’organisation de son premier congrès et dès que les conditions seront réunies, ce congrès se tiendra dans les délais impartis.

Combien d’adhérents avez-vous dans les camps de Tindouf ?
Nous avons de nombreux adhérents dans les camps de Tindouf et plusieurs cadres supérieurs du Polisario sont entrés en contact avec le mouvement et font confiance à notre stratégie qu’ils considèrent comme étant la dernière chance que tous les Sahraouis doivent saisir.

Vos adhérents dans les camps de Tindouf ont-ils reçu des menaces ?
S’agissant des menaces, nous ne pouvons pas être catégoriques, mais des attaques féroces, tant morales que physiques, ont été menées par le Polisario, ses médias officiels et sa télévision juste après l’annonce de la naissance du MSP qu’ils ont dénigré et traité de tous les noms. Les discours haineux qu’ils ont propagés ne laissent aucune place au doute sur la volonté de nuire à notre mouvement et de mettre en garde contre toute intention d’y adhérer tout en traitant ses sympathisants de traitres et de collaborateurs avec l’ennemi. Permettez-moi, cependant, de dire que le MSP tend la main à tous les Sahraouis dans toute leur diversité et quelles que soient leurs opinions. Qu’ils s’agisse d’unionistes, d’élus, de cadres des institutions marocaines ou de cadres et de hauts gradés du Polisario, nous devons mettre la main dans la main chacun à partir de sa position afin de trouver, en commun, une solution qui sauvegarde la dignité, le bien-être et les droits de nos populations et qui permet la réunification des familles dispersées par ce conflit dont les populations sont les seules à payer le prix. Par ailleurs, nous conseillons aux dirigeants du Polisario de mettre fin aux discours et aux idéologies stériles et despotiques dans lesquels ils se sont enferrés tout au long des cinquante dernières années. Ils doivent comprendre que ces idéologies sont mortes avec la chute du mur de Berlin et qu’elles ont cédé la place à la démocratie et à la liberté d’opinion et d’expression que nous devons tous adopter.

Quelles sont les actions entreprises par le MSP pour faire connaître le mouvement auprès des acteurs internationaux ?
Vous n’ignorez pas la situation et l’immobilité exceptionnelle que connaît la planète du fait de la pandémie. Malgré cela, le MSP a adressé des correspondances à toutes les parties au conflit, aux pays observateurs et aux pays de la sous région tels que l’Espagne et la France ainsi qu’aux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, à la Commission européenne, au Parlement européen, à l’Union africaine et au Secrétaire général de l’ONU.
L’objectif étant de les informer de la naissance du MSP, de notre vision sur la question du Sahara et de notre disposition à œuvrer positivement pour résoudre ce conflit dans l’intérêt de la paix, de la sécurité et du développement de la sous-région

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